Bienvenue !
Bienvenue dans cette exposition que nous avons conçue en forme de grain à moudre pour réfléchir à la question de la transmission
Deux thèmes en 2026 pour les Journées du Patrimoine :
- Patrimoine de la photographie
- Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer
Nous avons choisi le second thème : un patrimoine en péril qui serait à sauvegarder dans un monde en évolution – mais en forme de question : dans un monde qui vit une profonde rupture (on peut parler de changement de civilisation), est-il légitime de vouloir tout transmettre ? Légitime au sens de : est-ce que ça va aider les générations qui nous suivent à faire face aux défis qui les attendent ?
Et nous nous sommes appliqués cette question à nous mêmes.
Cette exposition interroge la transmission de notre patrimoine culturel (Bible, rites, témoignages) : chaque panneau est destiné à susciter la question (et la réflexion chez les visiteurs) : la transmission de ce patrimoine est-elle pertinente ?
Nous ne prétendons pas apporter des réponses, mais des éléments de réflexion, au niveau individuel (que transmettre à mes enfants / petits-enfants) et collectif.
Vous avez dit patrimoine ?
Cette photo de passage du témoin dans une course de relais illustre la question qui nous occupe : le passage d’un objet (physique ou culturel) d’une personne à une autre.
Patrimoine
Tout d’abord, que signifie le mot patrimoine ?
Le mot vient du latin : pater : le père, et moneo : faire songer à quelqu’un, faire souvenir. Le patrimoine, étymologiquement parlant, c’est ce qui fait se souvenir du père.
Deux constats :
- c’est le récepteur qui au final choisit ce qu’il va garder pour se souvenir de l’émetteur… ce qui suppose l’envie de s’en souvenir. Si l’envie est là, le choix est à faire parmi tout ce que le récepteur considère comme marqué de l’empreinte de l’émetteur…et ça n’est pas forcément ce que l’émetteur aurait lui même choisi de transmettre. Nous en avons je pense tous des exemples dans notre vie personnelle. Qu’est-ce que je garde en mémoire de telle ou telle personne qui a compté pour moi ? Est-ce que j’ai tout gardé de ce qu’elle m’a transmis ? Avons-nous eu l’occasion de discuter et confronter nos opinions sur ce qui faisait sens de son côté, et du mien ?
- le mot patrimoine trahit une société issue du patriarcat, tel qu’il s’exprime en Deutéronome 6,4-9 : 4Écoute, Israël : Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. 5Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta force. 6Les paroles que je te donne aujourd’hui demeureront sur ton cœur. 7Tu les répèteras à tes fils ; tu en parleras quand tu seras assis chez toi ou quand tu seras en route, quand tu te coucheras ou quand tu te lèveras. 8Tu les attacheras sur ton bras et sur ton front, 9tu les écriras sur les montants de porte de ta maison et sur les portes de tes villes.
Le mot matrimoine revient en usage, mais ça met alors en avant une notion de genre qui n’est peut-être pas première dans ce que l’on veut dire ; y a-t-il d’autres mots plus appropriés ? Nous en proposons 3 sur ce panneau : la transmission, l’héritage et le don.
Transmission
Le mot transmission vient du latin : trans : au-delà de et du verbe mitto : faire aller partir.
Transmettre, c’est faire passer d’une personne à une autre.
Là on se focalise sur l’acte même, qui implique l’entente et la coopération de l’émetteur et du récepteur sur ce qui est transmis : c’est typiquement ce qu’illustre la photo.
En grec, transmettre se dit paradidomi.
Le verbe paradidomi est composé
- du préfixe para- qui à le même sens que trans- en latin et indique un mouvement vers
- du verbe didomi qui veut dire donner, remettre de la main à la main, offrir, servir, procurer, livrer,… L’initiative vient de l’émetteur, avec l’accord du récepteur.
C’est le verbe qui est utilisé lorsque Jésus est transmis/livré par Judas aux autorités qui vont condamner Jésus à mort (Matthieu 26+27, Marc 14+15, Luc 22+23, Jean 18). Avec l’ambivalence que l’on ne parle pas d’une chose, mais d’une personne – du coup, Jésus est-il partie prenante ou non dans cette transmission ? Judas est-il cause ou instrument de ce qui se passe ? C’est ce qui fait la tension du récit.
Héritage
Le mot héritage vient du latin hereditas d’une étymologie indo-européenne qui envoie à l’idée de recevoir.
En grec, héritier se dit klèronomos et signifie : ce que l’on obtient par le sort, le destin.
L’héritage fait intervenir le destin : nul ne connaît l’heure de sa mort – et des lois et coutumes et volontés du défunt. Celui qui hérite est passif ; il ne peut que recevoir – ou refuser de recevoir. D’où l’incohérence de la question qui est posée à Jésus : Que puis-je faire pour hériter (de la vie éternelle) en Luc 10,25. Incohérence soulignée par la réponse que Jésus fait avec l’histoire dite du « bon Samaritain » qui se termine par cette question : qui a été le prochain de l’homme blessé = de la même façon que ne peut pas faire quelque chose pour hériter, on ne peut rien faire non plus pour être le prochain de quelqu’un.
Don
L’étymologie du mot don est issu de la racine indo-européenne ‘do’, partagée par le latin (dono) et le grec (didomi). Donner, c’est céder un bien gratuitement et de son plein gré.
Ce qui nous rapproche de la notion du don : là où l’héritage est codifié par la société et l’émetteur, le don lui est spontané et gratuit, comme le don que le Samaritain fait à l’aubergiste pour qu’il prenne soin du blessé (Luc 10,35).
Jésus répond à la codification de l’héritage par la spontanéité du don.
Le paradoxe de la transmission
Les générations qui nous suivent n’ont pas connaissance du patrimoine que nous détenons tant qu’il ne leur a pas été transmis. Mais comment prendre en compte leurs souhaits / besoins pour qu’elles puissent accepter cette transmission ?
Que transmettre ? Et comment ?
Transmettre : le dilemme de la recette de cuisine
Commençons par la question la plus simple : comment transmettre ?
Prenons l’exemple de la recette de cuisine pour comprendre la différence entre les deux approches possibles pour transmettre. Comment transmettre la recette des tacos ? Deux possibilités :
– écrire un livre ou publier une page sur un site de recettes pour définir ce que sont les tacos, donner la liste des ingrédients et décrire comment faire ;
– invite à venir préparer des tacos avant d’en goûter le résultat.
Deux approches : l’une, ontologique, qui renvoie à une définition, et l’autre, existentielle, à une expérience. Quelle que soit l’approche, un point commun : comme la petite fille qui se régale au milieu, il faut que celui qui reçoit adhère à ce qui lui est transmis, pour avoir envie de garder la recette et la transmettre à son tour.
C’est la question que se posent les disciples de Jésus quand ils commencent à rédiger les Évangiles : ce qu’ils ont vécu les a bouleversés, mais comment transmettre l’enseignement qu’ils ont reçu et les événements dont ils ont été témoins ? Les Évangiles illustrent les deux approches possibles pour y répondre.
Dans les Évangiles synoptiques (dans l’ordre de rédaction Marc, Matthieu et Luc) Jésus pose la question aux disciples : Qui dit-on que je suis ? Simon Pierre y répond en attribuant à Jésus le titre de Messie (Messie est la translittération en français de l’hébreu mashiach – grec : christos – qui désigne celui qui a reçu une onction d’huile. Un rite qui exprime la royauté – autrefois utilisé à Reims et encore aujourd’hui lors du couronnement des souverains de Grand-Bretagne). Le Messie, c’est le roi qu’attendent les contemporains juifs de Jésus pour venir les délivrer – et tout le malentendu vient du fait que la royauté de Jésus « n’est pas de ce monde », c’est-à-dire n’est pas une royauté de pouvoir physique, mais une autorité spirituelle (spirituel au sens de ce qui touche aux valeurs, à ce qui donne du sens à la vie). C’est le paradoxe du ministère de Jésus, d’incarner une autorité spirituelle suprême qui pourtant va être condamnée à la mort par crucifixion, un châtiment réservé aux esclaves coupables des crimes les plus graves. Les Évangiles synoptiques envisagent la transmission comme une confession de foi par laquelle le chrétien reconnaît Jésus comme autorité spirituelle suprême envoyée par Dieu : le Fils de Dieu.
L’Évangile de Jean, le plus tardif, part du constat que nul n’a jamais vu Dieu (Jean 1,18), et partant de là considère qu’il n’existe aucune autorité terrestre qui puisse légitimer Jésus comme Fils de Dieu. Son approche est celle d’une invitation à faire l’expérience de suivre l’enseignement de Jésus ; une invitation qui se décline dans les 7 paroles en ‘Je suis’ : en Jean 6,35 (le pain de vie) ; 8,12 (la lumière du monde) ; 10,9 (la porte de la bergerie) ; 10,11 (le bon berger) ; 11,25 (le relèvement et la vie); 14,6 (le chemin, la vérité, et la vie); 15,1 (la vraie vigne).
Confession de foi et/ou invitation à vivre une expérience : l’alternative illustre bien les deux modes de pensée juif et grec qui se rencontrent dans l’émergence du christianisme :
- côté pensée grecque – platonicienne : plutôt ontologique, qui renvoie à des concepts, des notions, des idées abstraites.
- côté pensée juive : plutôt existentielle, qui renvoie à des forces, à une expérience.
L’apôtre Paul le dit en ces termes : Les Juifs demandent des signes et les Grecs cherchent la sagesse (1Co 1,22), autrement dit, pour décider de suivre Jésus, les Juifs attendent de vivre des expériences ou d’entendre des témoignages qui racontent ce que ça fait de suivre Jésus, alors que les Grecs veulent qu’on leur en démontre le bien-fondé avec des arguments logiques.
Nous avons dans nos liturgie un mot hébreu, Amen : c’est une expression hébraïque, qui signifie en vérité, vraiment. On y retrouve la racine verbale aman qui signifie être solide, sûr, digne de confiance. Dans la pensée biblique vétérotestamentaire et dans l’Évangile de Jean, la foi – la confiance – n’est pas une croyance qui se nourrit de preuves, mais un mode d’existence, comme l’exprime André Chouraqui1 (qui a traduit en français la Bible et le Coran en s’attachant à exprimer leur étymologie) : « Pour moi croire ne consiste pas en une démarche intellectuelle disjointe des réalités de la vie – de ma vie. En hébreu la foi se dit emouna, une racine qui a donné au français le mot amen. Ce mot exprime l’état d’être de ce lui qui adhère, qui acquiesce à ce qu’il entend ou à ce qu’il voit. […] Il s’agit beaucoup plus que de tenir une chose pour véritable ou d’en être persuadé. La foi qui est adhésion et adhérence engage non seulement le jugement, mais l’être tout entier de l’homme : sa chair, sa pensée, son action. »
1Chouraqui, André. Ce que je crois. Grasset, 1979. Extrait du chapitre : Un pacte de sang.
Et pour vous ?
Pour transmettre quelque chose qui vous paraît vital, utilisez-vous plutôt une présentation qui vise à convaincre, ou une invitation à en faire l’expérience ?
Le choix protestant : transmettre la Bible
Au XVIe siècle, la Réforme se distancie de l’approche catholique romaine de la confession de foi pour privilégier l’expérience de la lecture de la Bible. La Réforme choisit de transmettre la Bible, ce qui pose 3 types de problèmes :
Traduire
Selon l’adage, toute traduction est une trahison du texte source !
Quand on passe d’une langue à une autre (hébreu et araméen pour le Premier testament, grec pour le nouveau testament), il n’existe jamais dans la langue cible le mot qui recouvre exactement tous les sens du mot source à traduire. Toute traduction fait forcément un choix qui oriente l’interprétation.
Et en plus…
- certains évangélistes pensent en araméen (langue dérivée de l’hébreu) et écrivent en grec – exemple : le baptême de Jésus (Matthieu 3,17 Marc 1,11 Luc 3,22).
- Jésus vivait en Galilée à la campagne, et les images qu’il utilisait sont issues de la vie rurale, des images qui ne “parlent“ plus aux citadins qui les traduisent – exemple : les deux moineaux (Matthieu 10,27-33)
- le christianisme devenu au IVe siècle religion d’état avec l’empereur Constantin peut se retrouver instrumentalisé par le pouvoir en prédication de la peur et de la soumission – exemple : la description du jugement dernier en Matthieu 25,31-46 (brebis au lieu de petit bétail – probata ; bouc au lieu de chevreau – erifion, diminutif de erifos).
Lire
Une fois traduite en langue du peuple, encore faut-il savoir lire… Les catéchismes de la réforme sont en même temps des méthodes d’apprentissage de la lecture. Ici la page de garde d’un ouvrage écrit par Olivétan réfugié dans le Piémont où il enseigne le français aux « adolescens » de son école, en, même temps qu’il travaille à sa traduction de la Bible, et qu’il fait imprimer à Genève chez l’imprimeur de Guillaume Farel (ici : reproduction Gallica d’une édition de 1537). A propos des articles de foi, Olivétan note : « lesquels devons croire de coeur et confesser de bouche »
Interpréter
Partis de la volonté de la Réforme de mettre les chrétiens en capacité de comprendre et méditer les textes par eux-mêmes (approche de la transmission par l’expérience), les protestants aujourd’hui, dans leur approche du texte, proposent toutes les nuances possibles entre :
- une approche plus littérale du texte
- et une approche plus contextualisée
exemple : 1Co 14,34-35 : « que les femmes se taisent dans les assemblées » pour refuser aux femmes les ministères de pasteur / de prédicateur
C’est dans l’interprétation que s’expriment les multiples facettes du protestantisme, selon que la communauté autorise une interprétation plus ou moins littérale du texte biblique – notamment en ce qui concerne les enjeux éthiques et de société (fin de vie, avortement, bénédiction des couples de même sexe).
Les 3 clés pour distinguer les multiples courants protestants sont :
- le rapport au texte, plus ou moins contextualisé ;
- la forme du culte, qui fait plus ou moins appel à l’émotion collective ;
- l’expression de l’expérience de la transcendance (plus ou moins extravertie).
Des paroles ET des actes
Nous en venons donc aux rites.
Parmi les rites, il y a ceux qui correspondent aux sacrements, qui sont les rites retenus par une communauté ecclésiale pour manifester la présence de Dieu dans nos vies. Les églises protestantes ont retenu deux sacrements : le baptême et la cène.
Baptême et confirmation
L’institution du baptême se trouve à la fin de l’Évangile de Matthieu (Matthieu 28,19-20). Les Actes de Apôtres, qui racontent les débuts de la communauté chrétienne et la mission de Paul nous offrent de nombreuses scènes de baptêmes aux rites variés (baptêmes d’eau et baptêmes d’Esprit : Actes 1,1-8;2,36-41;8, 14-17;8,26-40;10, 44-4;11,13-18;16,13-15;16,24-34;18,8;18,24-28;19,1-7;9,17-19;22,12-16).
Les Églises chrétiennes se sont appropriées diversement ce rite.
Par aspersion (quand on verse quelque gouttes sur le front) ou immersion (quand le baptisé est plongé totalement dans l’eau), les Églises catholique romaine et protestante unie reconnaissent mutuellement leurs rites de baptême. Certaines Églises protestantes sont réticentes face au baptême des bébés, considérant que le baptême est un engagement qui nécessite de pouvoir exprimer un choix. La confirmation est le rite qui permet aux adultes baptisés enfants de manifester leur engagement.
Cène
Au cours du culte, le temps de la Cène fait mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples (Marc 14,22-25 ; Matthieu 26,26-29 ; Luc 22,15-20 ; 1ère lettre aux Corinthiens 11,23-26). Jésus recourt à la symbolique du pain (la nourriture spirituelle transmise au cours de son ministère) et du vin (le don de sa vie).
La Cène est un temps fort ; elle n’est pas systématique à chaque culte. Depuis la décision du synode de l’Église Réformée de France à Soissons en 2001, l’invitation à la Cène est ouverte à tous, adultes et enfants, baptisés et non baptisés.
Les rites sont des actes, mais ce ne sont pas les seuls actes auxquels nous invite Jésus. Matthieu 7 – conclusion du sermon sur la montagne (Matthieu 7,24-27) : « Celui qui écoute mes paroles ET qui les mets en pratique sera comme un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc… ». Le chrétien est appelé à témoigner de ses convictions au travers de ses actes.
Prosélytisme et témoignage
Concernant les actes, il convient de distinguer prosélytisme et témoignage.
Le prosélytisme recourt à l’argumentation ou à la contrainte pour convaincre. Il est une conquête horizontale qui a servi de prétexte à de nombreuses violences (Inquisition, guerres de religion, conquêtes coloniales,…).
Le témoignage se donne à voir comme autant de manifestations en actes d’une spiritualité personnelle qui s’ancre dans l’amour fraternel, et dont tout un chacun peut faire l’expérience.
Témoins
La lignée des témoins protestants commence au XVIe siècle avec les figures d’Ulrich Zwingli en Suisse, de Martin Luther en Allemagne, et de Jean Calvin en France puis à Genève. Certains témoins sont plus connus que d’autres : Jean-Sébastien Bach, Marie Durand (« Résister » gravé à la tour de Constance où elle fut emprisonnée 38 ans), Henry Dunant (fondateur de la Croix-Rouge), Ferdinand Buisson (collaborateur proche de Jules Ferry, prix Nobel de la Paix 1927), Dietrich Bonhoeffer (pasteur résistant au nazisme exécuté en 1943), Marc Boegner (défenseur des Juifs face à la France de Vichy), Albert Schweitzer (pasteur puis médecin prix Nobel de la Paix 1953), Madeleine Barot (co-fondatrice de la Cimade), Martin Luther King (défenseur de l’égalité des droits face à la ségrégation raciale), Desmond Tutu (ouvrier de la réconciliation post-apartheid en Afrique du Sud, prix Nobel de la Paix 1984)… et votre prochain, au sens de l’étranger pris de compassion qui vient à votre secours comme dans la parabole du Bon Samaritain…
Patrimoine en danger... ou danger du patrimoine ?
Piloter vers l’inconnu en regardant dans le rétroviseur, ça n’est pas le meilleur moyen de s’en sortir sain et sauf…
Alors, quand on parle de patrimoine en danger, est-ce que cela ne renvoie pas en filigrane à une certaine dangerosité du patrimoine, c’est-à-dire à un patrimoine perçu comme obsolète et inapproprié, voire dangereux pour affronter un avenir qui fait rupture avec le passé ?
Que transmettre aux générations qui nous suivent ? Un patrimoine VIVANT.
Ce qui, si on en revient à la définition, revient à constater que nous ne sommes pas les premiers à devoir affronter de graves crises, et que si nous sommes en vie aujourd’hui, c’est que ceux qui nous ont précédé ont pu les traverser.
Mais il faut faire le tri, dans ce que nous avons reçu, de ce qu’il convient de transmettre.
Pour les protestants, ce tri se résume à la Bible, et dans notre Église Protestante Unie, à la méthode d’interprétation qui va avec, c’est-à-dire d’une part une exégèse rigoureuse pour pouvoir contextualiser les textes, et d’autre part une tradition de lecture individuelle et communautaire qui donne non pas des réponses toutes faites, mais matière à réfléchir avec les autres et à méditer dans la prière – pour se poser les bonnes questions.
Une méthode d’interprétation fidèle à la symbolique du pain en tant que nourriture spirituelle pour la vie éternelle. Vie éternelle comprise non pas tant comme une éternité dans la durée, mais comme une épaisseur de l’instant, de l’ici et maintenant, auquel il s’agit de donner sens.
C’est en faisant ce pari que nous inaugurons l’an prochain un programme de réunions hebdomadaires en soirée, les réunions EVD. Un programme varié pour que chacun puisse y trouver ce qui l’intéresse :
- réunions de discussion
- autour de thèmes d’actualité (enjeu démocratique, technologie et société dans la pensée de Jacques Ellul, …)
- ou de séries (comme par exemple autour de la série The Chosen),
- bibliologues (une méthode très vivante de découverte de la Bible qui s’intéresse à ce que le texte…laisse en blanc),
- cafés théologiques, sur le mode des cafés philo, pour découvrir la pensée biblique
- ateliers qui joignent la théorie à l’interrogation de la pratique – premier thème abordé : le traumatisme
- cultes participatifs
Pour ces réunions, on peut participer seul depuis chez soi en visio ou à plusieurs autour d’un ordinateur connecté ; il ne s’agit pas de conférences, mais de réunions qui favorisent les échanges.
Pour suivre le programme, flasher le QR code (https://region-est-montbeliard.epudf.org/actualites/evd/toutes-les-reunions-evd-de-lannee/)
ou rendez-vous dans l’agenda de la page d’accueil de notre site jura.epudf.org.




